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L´édito d'Emmanuel Lechypre, Responsable du Centre de   prévision de L´Expansion

La clef de la productivité

 


Parution de décembre 2009

On peut d’ores et déjà tirer quelques enseignements des premiers résultats de « L’Atlas de la croissance », les prévisions pour 180 pays que réalise chaque fin d’année le Centre de prévision de L’Expansion. D’abord, jamais autant de pays n’auront été en récession en même temps : près de 80 au total. Le monde a créé au cours des douze derniers mois 1400 milliards de dollars de moins qu’au cours des douze mois précédents. Une « destruction » de richesse d’une ampleur jamais vue, essentiellement imputable à l’Europe occidentale (– 900 milliards de dollars) et, dans une moindre mesure, aux Etats-Unis (– 375 milliards) et à l’Europe de l’Est. A l’échelle mondiale, c’est l’Asie émergente qui contribue le plus à amortir le choc, sans pouvoir le compenser. Il est symbolique de constater que la Chine a créé autant de richesse supplémentaire en 2009 que l’Amérique du Nord en a détruit.

 

2010 sera partout meilleur

 

Reste que la deuxième partie de l’année a été partout meilleure, et que dans presque tous les pays 2010 sera plus dynamique que 2009. Pour des raisons techniques liées à l’arrêt du déstockage, et pour des raisons mécaniques liées aux impacts des plans de relance, mais qui sont des béquilles

temporaires ne garantissant en rien la pérennité de la reprise.

Si l’on exclut le scénario rose d’une reprise en V, irréaliste compte tenu de l’ampleur de l’assainissement des bilans à mener du côté des ménages et des banques, deux sorties de crise restent possibles : un scénario gris en « N oblique », dans lequel la croissance retrouve progressivement son rythme d’avant la crise, et un scénario noir, dans lequel la croissance ne retrouve jamais les niveaux antérieurs, compte tenu de l’ampleur du capital physique et humain détruit, comme au Japon depuis les années 90.

 

La Chine et les Etats-Unis bien placés pour la sortie de crise

 

Lequel est le plus probable ? Statistiquement, le scénario gris, si l’on en croit les experts du FMI, qui ont passé au crible les 88 crises bancaires survenues depuis quarante ans. Sauf que l’ampleur des dettes à rembourser, de la crise immobilière à résorber et des destructions d’emplois à encaisser pousse à pencher pour le scénario noir. Tout dépendra de la capacité de chacun à générer des gains de productivité suffisants, notamment grâce à l’innovation, pour accroître le potentiel de croissance et rendre le remboursement des dettes supportable. A ce petit jeu, la Chine et les Etats-Unis (en avance sur toutes les technologies vertes) paraissent mieux placés que l’Europe.

 

 

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