
Sauf accident majeur, les pays émergents ralentiront à peine en 2011, portés par leurs exportations et de plus en plus par leur demande interne, tandis que les grands pays industrialisés vont connaîtreune reprise trop poussive pour enrayer le chômage.Comme de coutume dans les crises bancaires et immobilières, deux fois plus longues et plus profondes que les récessions « ordinaires ». Tout cela incite à prévoir une croissance plutôt autour de 1,5 % en France et dans la zone euro, de 2%aumoins enAllemagne et de 3%auxEtats-Unis, de 4 à 5% dans les grands pays d’Amérique latine, d’aumoins 8%en Chine et en Inde.
2011, une année à risques
Mais peut-on croire que l’année nous épargnera un accident majeur ? Difficile, compte tenu de lamultitude de déséquilibres qui sont en cours de
délicate correction pour retrouver le chemin d’une croissance durable. La principale catastrophe serait sans nul doute une remontée brutale des taux d’intérêt à long terme, provoquée par une défiance généralisée vis-à-vis de l’envolée des dettes publiques dans les grands pays et de leurs potentielles
conséquences inflationnistes. Une autremenacemajeure vient des risques de nouveaux soubresauts dans la zone euro, si des pays comme l’Espagne devaient subir la défiance des marchés financiers. Un scénario qu’on ne peut exclure, tant la sortie de crise sera compliquée pour la péninsule ibérique. Troisième crainte : les effets néfastes sur l’activité des politiques monétaires ultra-accommodantes menées par les grandes banques centrales, notamment les bulles sur les matières premières et les marchés émergents, comme au moment de la crise asiatique en 1997.
De la relance à la rigueur
Il faudra, enfin, bien surveiller les contrecoups des multiples mesures de relance budgétaires prises ici ou là pour stimuler la consommation, telles que les primes à la casse, en Europe et aux Etats-Unis, ou les aides à l’achat des biens de consommation, au Japon. Attention aussi auxmauvaises nouvelles qui pourraient venir des banques, d’autant plus vulnérables, notamment aux Etats-Unis, que le marché immobilier est menacé de rechute compte tenu de la nouvelle vague de faillites de personnes qui se profile cette année. Gare enfin à ce que pourrait provoquer comme perturbations inflationnistes et sociales, surtout dans les pays émergents, l’emballement des prix de l’énergie et des matières premières alimentaires. De tous les aléas possibles, un seul finalement pourrait vraiment favoriser l’Europe : une baisse plus forte que prévu aujourd’hui de l’euro.Mais c’est loin d’être suffisant pour faire pencher la balance des risques du bon côté
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