
Les managers, que disent-ils ? que pensent-ils ?
Pendant ce temps, que se passe-t-il chez les managers? Dans l’actualité éditoriale, ce ne sont pas les ouvrages qui manquent mais rares sont ceux qui parlent de la crise d’aujourd’hui, en analysent les tenants et aboutissants ou offrent des recettes pour s’en sortir. Bain prépare bien un livre, Winning in Turmoil, mais il ne sera prêt qu’à l’été. Certes, les managers sont au feu, et n’ont pas le temps d’écrire. Mais s’ils avaient cinq minutes pour réfléchir sur la crise, ils ne trouveraient pas grand-livre qui concerne le management. Par exemple, sur le problème des parachutes dorés et des rémunérations exorbitantes de quelques patrons : les économistes les ont longtemps justifiés par la théorie de l’agence (les intérêts des dirigeants doivent être séparés de celui de l’entreprise afin qu’ils sauvegardent au maximum l’intérêt des actionnaires); les politiques les révoquent aujourd’hui au nom de la responsabilité et de la justice sociales. Mais les managers, qu’en disent-ils, qu’en pensent-ils? Quant aux délocalisations, justifiées par les économistes, les politiques semblent découvrir aujourd’hui qu’elles posent problème et appellent les entreprises à leur responsabilité sociale. Mais qu’en disent les managers, au delà des bonnes raisons pour décider (délocaliser ou non ? où ? quoi ?) et des bons conseils pour réussir? Sur ce point, quelques voix se font entendre. McKinsey & Booz ont publié récemment sur la nécessité de « relocaliser» la production. Avec de vrais arguments de managers : si les entreprises veulent continuer à vendre leurs produits, elles doivent cesser de mépriser leur fabrication. Enfin, des économistes très écoutés ont longtemps manié la métaphore de la guerre : le monde était le champ de la bataille généralisée du profit. Dans ces temps difficiles, la nécessité de changer de registre s’impose, avec davantage de coopération que de compétition. Qu’en pensent les managers? Dans ce domaine, ils auraient beaucoup de choses intéressantes à dire… Pour autant qu’ils fassent comme les économistes et les politiques : qu’ils acceptent de se remettre en cause et, entre autres, de parler, dans l’entreprise, du partage de la valeur créée et du pouvoir…
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